Camille a hésité pendant 1 long moment. Sa mère, Élise, avait toujours été 1 femme stricte, extrêmement protectrice. Camille savait que le choc serait immense en découvrant que son petit ami avait 42 ans. Mais elle s’est finalement dit que si leur amour était pur et sincère, il n’y avait aucune raison d’avoir peur.
Le samedi suivant, elle l’a ramené chez elle, dans leur modeste maison située dans un quartier paisible de la Croix-Rousse, à Lyon. Antoine portait 1 simple chemise blanche en lin et tenait dans ses mains 1 magnifique bouquet de marguerites sauvages, la fleur préférée d’Élise, 1 détail que Camille lui avait glissé à l’oreille quelques semaines plus tôt.
Camille a serré la main d’Antoine avec force au moment de franchir le vieux portail en fer forgé. Dans la cour baignée de lumière, Élise était en train d’arroser ses rosiers. En entendant le grincement de la porte, elle s’est retournée pour accueillir les visiteurs.
À cet instant précis… le temps a semblé se figer.
Élise est restée totalement immobile, son regard rivé sur le visage d’Antoine. Avant même que Camille ne puisse prononcer 1 seul mot pour faire les présentations, la lourde truelle d’arrosage a échappé des mains d’Élise, s’écrasant lourdement sur les pavés. Le souffle court, elle a couru vers Antoine.
Au lieu de le saluer froidement ou de le juger sur son âge, elle s’est jetée sur lui et l’a enlacé de toutes ses forces, les larmes coulant de manière incontrôlable sur ses joues creusées par la fatigue.
— Mon Dieu… ! C’est vraiment toi… Antoine ? a-t-elle sangloté, la voix brisée par une émotion venue du fond des âges.
Personne n’aurait pu imaginer l’effroyable vérité qui était sur le point d’éclater et de réduire leur monde en cendres…
PARTIE 2
Le silence qui a suivi cette étreinte était assourdissant. Camille, pétrifiée sur le seuil de la porte, sentait son sang se glacer dans ses veines. La scène qui se déroulait sous ses yeux défiait toute logique. Sa mère, cette femme de 58 ans d’ordinaire si réservée et pudique, s’agrippait à la chemise de son petit ami de 42 ans comme un naufragé s’accroche à 1 bouée de sauvetage.
Antoine, quant à lui, semblait frappé par la foudre. Ses bras sont restés ballants pendant 2 longues secondes, puis son regard est descendu vers le visage d’Élise, baigné de larmes. Ses yeux se sont écarquillés dans 1 expression de terreur absolue. Le magnifique bouquet de marguerites sauvages a glissé de ses mains, éparpillant les pétales blancs sur le sol humide de la cour.
— Madame… Madame Fournier ? a balbutié Antoine, sa voix tremblant de manière pathétique.
Il a reculé d’un pas brusque, comme s’il venait de toucher une flamme nue. Son visage, habituellement si serein et rassurant, était devenu livide. Il a tourné la tête vers Camille, puis à nouveau vers Élise. La respiration de cet homme fort et confiant s’est transformée en une véritable crise de panique.
— Maman… qu’est-ce qui se passe ? a murmuré Camille, incapable de bouger. Vous… vous vous connaissez ?
Élise a essuyé ses larmes d’un geste frénétique, mais ses yeux trahissaient 1 douleur vieille de 18 ans. Elle a pris une profonde inspiration, regardant sa fille avec 1 détresse indicible.
— Entrons dans la maison, a simplement déclaré la mère d’une voix sourde. Tous les 3. Tout de suite.
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